Guillemins train station

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Liège-Guillemins
Vue de la gare Localisation Pays Belgique Ville Liège Quartier Guillemins Adresse Place des Guillemins Coordonnées géographiques 50° 37′ 29″ N 5° 34′ 01″ E / 50.624699, 5.56696850° 37′ 29″ N 5° 34′ 01″ E / 50.624699, 5.566968   Gestion et exploitation Exploitant SNCB Services Liaison nationales et internationales
ICE
Thalys
InterCity
Relations Interrégio
Lignes locales Caractéristiques Ligne(s) Ligne 34
Ligne 36
Ligne 37
Ligne 40
Ligne 43
Ligne 125 Voies 10 Quais 6 Transit annuel ~ 13 millions Historique Mise en service 1er mai 1842 Ouverture 18 septembre 2009 (nouvelle gare) Architecte Santiago Calatrava (nouvelle gare) Correspondances Bus 1, 2, 3, 4, 8, 9, 17, 20, 25, 27, 30, 38b, 48, 57, 64, 65, 90, 94, 140, 240, 377, 1011 TEC

Géolocalisation sur la carte : Belgique

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La gare de Liège-Guillemins est la principale gare ferroviaire de la ville de Liège en Belgique. Elle est située au pied de la colline de Cointe, précisément à l'emplacement de l'ancien couvent des Guillemites en référence aux religieux de l’ordre de Saint-Guillaume. Le quartier porte ce nom usuellement, puis celui de Quartier des Guillemins. Le nom de la gare de Liège-Guillemins est aujourd'hui la seule trace de ce passé.

La gare de Liège-Guillemins est un carrefour important du réseau ferroviaire belge. Il s'agit de la troisième gare de la Région wallonne en nombre de voyageurs, qui accueille environ 16 000 voyageurs chaque jour[1]. Elle est également gare TGV internationale, en accueillant l'ICE allemand et le Thalys.

C'est un carrefour multimodal majeur de la ville principautaire qui met en relation train à grande vitesse, train IC, bus, liaison avec l'autoroute, taxi, navette vers l'aéroport et bientôt ligne de tram[2].

Une nouvelle gare, œuvre de l'architecte espagnol Santiago Calatrava Valls, a été inaugurée le 18 septembre 2009 après une dizaine d'années de travaux[3].

[modifier] Arrivée du train à Liège

Le 2 avril 1838, trois ans à peine après la première ligne ferroviaire de service public d'Europe continentale, une ligne relie Bruxelles à Ans, baptisée alors "Liège-Supérieur", sur les hauteurs de Liège. Étant donné la déclivité de la côte d'Ans[4], la liaison vers la vallée ne peut être réalisée que par un imposant ouvrage d'ingénierie : le Plan incliné de la côte d'Ans.

Avec l'arrivée du chemin de fer, Liège a besoin d'une station intérieure. En 1842, une construction en bois[5] s'élève sur le site de l'ancien couvent des Guillemites dont elle prend le nom, « Guillemins ». L'ouverture de cette gare est concomitante avec la mise en service du plan incliné de la côte d'Ans, en mai 1842.

En 1843, la première liaison ferroviaire internationale du monde voit le jour, qui relie Liège à Aix-la-Chapelle et Cologne.

Le caractère provisoire de la première gare, construite en bois, est liée à l'espoir des autorités liégeoises qui espéraient obtenir une gare près de la place Saint-Lambert. Pour les dirigeants de l'époque, le palais des Princes-Évêques devait être la station la plus importante de Liège. Mais, vu les difficultés techniques, la SNCB privilégia toujours le site des Guillemins. Durant quelques années, elle fut d'ailleurs baptisée "Liège-Extérieur" par les Liégeois.

[modifier] La gare "belle époque" de 1864

L'État, n'épousant pas ce point de vue, fait construire une nouvelle station en 1863[5]. Sa structure massive et sa grande verrière en éventail de style français éclairant la salle des pas perdus en faisaient sa fierté. L'architecte Lambeau s’inspire notamment des bâtiments des gares de Paris-Est et Paris-Nord. Les guichets, le buffet de la gare et de petits commerces égayent l'intérieur. Lambeau est aussi l'architecte des gares de Charleroi-Sud et de Namur, qui existent encore aujourd’hui.

La gare des Guillemins est améliorée et transformée en 1881 et 1882, notamment par l'ajout d'ailes droite et gauche et surtout en 1905[5], à l'occasion de l'exposition universelle de Liège où le nombre de voies fut augmenté et les passages souterrains ouverts.

[modifier] La gare « moderne » de 1958

La gare est reconstruite en 1958, suite à l'électrification des lignes[5], par le complexe dit « moderne ». Les trois architectes, Charles Carlier, Hyacynthe Lhoest et Jules Mozin, du groupe E.G.A.U., inspirés de la gare de Rome Stazione Termini, proposent un style qui correspond aux goûts de l'époque. Cette gare est le résultat de la volonté de l'État belge de donner une belle image de lui-même pour l'Exposition universelle de 1958. En 1960, la gare fut fortement endommagée par l'explosion d'une bombe lors de la grève générale de l'hiver 1960-1961. Démontés progressivement au fur et à mesure des besoins de la construction de la nouvelle infrastructure, ces bâtiments ferroviaires ont été utilisés jusqu'au 4 juin 2007, date du début de la dernière phase de leur démolition de l'ancienne gare, rendue nécessaire pour achever la construction de la nouvelle infrastructure. Le seul vestige de cette infrastructure est le couloir souterrain central, depuis transformé en parking pour vélos.

Elle fait alors place à une gare provisoire en préfabriqué pendant deux ans et trois mois.

À la fin du XXe siècle, le développement des chemins de fer, notamment au niveau des trains à grande vitesse, requiert une infrastructure particulière et de gros investissements tant au niveau des lignes que des gares.

Il a été décidé que Liège serait une étape importante du TGV entre Bruxelles et Cologne. Deux nouvelles lignes à grande vitesse sont construites : entre Louvain et Liège (LGV 2) et entre Liège et la frontière allemande (LGV 3). Il ne reste plus qu'à fournir aux voyageurs un accueil adapté dans une gare moderne.

[modifier] Pourquoi une nouvelle gare ?

Dessiné à l'aube du chemin de fer, le tracé des voies et des quais de la gare des Guillemins devait être revu en profondeur pour assurer une continuité avec les nouvelles lignes à grande vitesse (vers Bruxelles et vers Aix-la-Chapelle) en cours de construction.

On saisit cette occasion pour reconstruire complètement la gare (infrastructure ferroviaire, bâtiments voyageurs, parkings, accès routier et autoroutier, bâtiments administratifs).

L'ancienne infrastructure n'était plus adaptée pour accueillir les TGV ou les trains nationaux, ainsi que leurs passagers, dans des conditions de confort moderne. En effet, elle présentait de nombreux points négatifs qui ont mené au choix d'une infrastructure totalement nouvelle plutôt qu'à une réhabilitation et modernisation de la gare existante. Parmi ceux-ci, on peut citer :

  • les quais les plus utilisés se trouvaient à l'opposé de l'entrée de la gare;
  • des quais trop étroits et en courbe;
  • des voies qui en cisaillaient d'autres, limitant la vitesse des trains lors de leurs arrivées et départs;
  • des voies en cul-de-sac devenues inutiles au cours du temps;
  • un manque de confort et d'espace dans le bâtiment qui accueillait les voyageurs;
  • une architecture verre-béton typique des années 1950-1960, qui s'était dégradée avec le temps (vitres noircies, bureaux désertés...);
  • la présence d'amiante.
[modifier] Nouvelle infrastructure

Après un concours international d'architecture où 12 candidats se sont présentés, la réalisation du projet fut confiée en 1996 au célèbre architecte espagnol Santiago Calatrava Valls. Il fut choisi notamment suite à son expérience dans la réalisation de trois autres gares en Europe : la gare de Stadelhofen à Zurich, la gare de Lyon-Saint-Exupéry TGV (ex-Lyon-Satolas) et la gare d'Orient à Lisbonne, construite à l'occasion de l'Exposition internationale de 1998. En juin 1997, il présente son projet définitif.

Le volume de la voûte d'arcs fait de la gare de Liège l'une des plus spectaculaires d'Europe. Calatrava a traité avec soin l'éclairage naturel de ces espaces élancés, lui donnant des airs de cathédrale moderne, comme elle est souvent qualifiée.

Projet d'envergure, la construction de cette nouvelle gare est accompagnée d'une refonte partielle du quartier des Guillemins, comprenant notamment une place triangulaire devant la nouvelle gare (déplacée d'une centaine de mètres par rapport à la précédente), un boulevard urbain et une passerelle piétonne permettant de rejoindre le parc de la Boverie et le Palais des Congrès, sur l'île d'Outremeuse.

Une aire de stationnement est également construite derrière la gare, avec accès direct via le pont de l'Observatoire à l'autoroute A602 (liaison E25-E40). Il s'agit de la seule gare urbaine directement connectée à une autoroute, en Europe.

L'inauguration de la nouvelle gare a eu lieu le 18 septembre 2009, en présence du prince Philippe[6].

  • Maquette de la gare avec pièce d'eau devant


La gare est accessible depuis la place des Guillemins; son passage sous-voie est tout en courbes et perspectives.

  • Escalators d'accès aux plateformes

  • Escaliers d'accès aux plateformes

Ses infrastructures modernes ainsi que son emplacement au pied de la colline de Cointe en font une porte d'accès privilégiée à une ville de Liège en pleine reconversion.

[modifier] Configuration et lacunes

La nouvelle gare comporte 9 voies rectilignes. Les voies 1 et 2 sont réservées aux trains vers l'Allemagne; les voies 3 et 4 à ceux vers Bruxelles. Contrairement à l'ancienne gare, les voies qui desservent la ligne Bruxelles-Cologne (50 % des voyageurs) se trouvent du côté du centre urbain, donc plus accessibles pour la majorité des voyageurs.

On compte 5 quais de 8 mètres de large. Trois quais, d'une longueur de 450 mètres, sont spécialement aménagés pour accueillir les doubles rames des trains Thalys ; les deux autres quais ont quant à eux une longueur de 350 mètres.

Chaque double quai ne comporte qu'une poignée de places assises, sans dossier, qui répondent mal au passage quotidien dans la gare. La structure de l'édifice lui confère une très mauvaise acoustique qui nuit fortement à la diffusion des annonces en gare.

Enfin, ouverte à tous vents, la gare protège très mal les voyageurs des intempéries.

L'accès privilégié pour les véhicules automobiles ne se situe plus place des Guillemins, comme c'était le cas pour l'ancienne gare, mais avenue de l'Observatoire, via le pont de l'Observatoire, dessiné lui aussi par Santiago Calatrava.

  • Vue depuis l'avenue de l'Observatoire

[modifier] Évolution de la construction

Le chantier débuta en 2000 pour se terminer le 18 septembre 2009 mais la réalisation d'aménagements voisins a commencé dès 1998 (décroisement des lignes, construction d'un nouveau tunnel au viaduc Hemricourt et d'une nouvelle cabine de signalisation en bord de Meuse). En 2000, les travaux de la gare débutèrent avec l'arasement du terrain. On procéda au forage de 171 pieux, à une quinzaine de mètres sous terre, pour connaître la résistance du schiste en sous-sol. On plaça aussi un mur de soutènement de la colline de Cointe. Le gros œuvre put ensuite commencer ; fait en béton blanc, il mit six ans à être réalisé. La phase suivante, l'installation des arcs d'acier se fit entre mai 2005 et l'été 2006. Ensuite, on construisit les deux auvents et installa 32 000 m² de vitrage. Ne restèrent alors que les "travaux de finition" (escalators, ascenseurs…)

[modifier] Vues actuelles de la Gare
  • Escalators vers parking et dépose-minute

[modifier] Le nom "Guillemins" finalement gardé

La nouvelle gare TGV de Liège figure sur toutes les cartes européennes. Certains pensaient qu'il eut dès lors mieux valu qu'elle porte un nom connu hors des frontières belges mais qui prenne ses racines dans l’histoire de la région. Et ce d'autant que le mot « Guillemins » ne rappelle quasiment plus aucun souvenir, même aux Liégeois. La difficulté de prononciation du nom pour les non-francophones fut également évoquée.

Parmi les autorités en charge de l'avenir de Liège et de sa région, certains souhaitaient que la nouvelle gare s'appelle dorénavant « Liège-Charlemagne », en référence à l'empereur d'Occident, prétendument né en périphérie liégeoise (Jupille ou Herstal) et dont le nom est connu dans le monde entier. Le plus grand obstacle à ce choix a semblé être le fait que Charlemagne est souvent associé à Aix-la-Chapelle, ville proche de Liège et partenaire de l'Eurégio.

Le nom de Liège-Limburg (Limbourg en néerlandais) fut également proposé étant donné que tant le Limbourg belge que le Limbourg néerlandais sont très proches de Liège, sans être directement sur le parcours du TGV. Dans le même ordre d'idée, Liège-Eurégio a été proposé.

En juillet 2007, soit un an et demi avant l'inauguration, un rapprochement entre les différents pouvoirs politiques de Liège et des deux Limbourgs faisait pencher la balance vers Liège-Limburg, même si rien n'avait été décidé officiellement[7].

Le groupe Liège Demain qui rassemble des représentants des milieux économiques, sociaux, culturels ou académiques désireux d'améliorer l'image et la notoriété du Pays de Liège, défendaient l'appellation Liège-Charlemagne[8].

Une discussion sur ce choix de nom est disponible sur le site web du Comité de Quartier Fragnée-Blonden [9].

Le 19 mai 2009, les autorités annoncent que le nom de "Guillemins" va finalement être gardé.

De nombreux trains desservent les 10 voies[5] de la gare.

Les relations IC (InterCity) relient les principales villes du pays de façon directe, tandis que les trains IR (InterRegio) s'arrêtent dans des gares intermédiaires. Les relations L (omnibus) s'arrêtent à toutes les gares de leur parcours. Le train P est un train spécial utilisé uniquement en heure de pointe.

Pour plus d'infos sur les horaires es trains IC et IR: [pdf] Guide Horaire IC-IR 2010 (valable octobre 2010)

Pour plus d'info sur les autres horaires, les brochures spécifiques sont disponibles ici: Brochures horaires disponible pare ligne au format PDF

Plus d'info sur les horaires : [pdf] SNCB (plus valable)

Le quartier est aussi traversé par plus de 1 620 bus chaque jour, transportant quelque 15 000 usagers.

Aucune piste cyclable ne permet l'accès à la gare.

Le 14 septembre 2010, la passerelle supérieure de la gare a été fermée au public pendant quelques heures afin d'accueillir le dîner de gala du 45e congrès de la Société d'Ergonomie de Langue Française (SELF), marquant ainsi son originalité pour un tel évènement.

[modifier] Notes et références

  • Caroline Lamarche, Alain Janssens, Liège-Guillemins. La gare blanche, Mardaga / Eurogare, 2010.
  • La gare de Liège-Guillemins, Édition de la SNCB-Holding / Eurogare / Art&fact, Liège, 2010.

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